Aux femmes de lutte et à la lutte des femmes

    Aux femmes de lutte et à la lutte des femmes

    À l’occasion des vœux pour l’année 2022, la Ville a souhaité mettre à l’honneur les femmes de lutte et la lutte des femmes.

    Quelle que soit la femme, son quotidien est nécessairement le fruit d’une histoire qui a indéniablement marqué les parcours et les vies de chacune d’entre elles. Par leurs combats, les femmes ont profondément contribué à faire évoluer nos sociétés. Parfois par de petits renoncements, d’autrefois au gré de grandes épreuves qui ont pu leur coûter jusqu’à la vie. Pour défendre leurs droits, les femmes mènent chaque jour une lutte depuis la sphère la plus privée jusqu’à la scène internationale, en passant par de petits actes du quotidien jusqu’à la lutte armée, quand cela l’exige.

    C’est à toutes les femmes et à leurs luttes, multiformes, que la Ville tenait à rendre hommage et souhaitait adresser une reconnaissance sans faille.

    Découvrez ici l’histoire et le parcours de 12 d’entre elles.

    Dulcie September

    Une femme, des combats

    Dulcie September figure au panthéon de la lutte contre l’apartheid. Témoin de nombreux massacres, exactions et injustices, cette Sud-Africaine, née en 1935 a rapidement emprunté la voie du militantisme aux côtés de structures telles que le National Front Libération (NFL). Un engagement qui lui vaudra d’être arrêtée en 1963 et condamnée, à une peine de 5 ans de prison pour sabotage. Assignée à résidence à sa sortie de prison, elle finit par choisir l’exil qui la mène à Londres, où elle devient un membre permanent de l’African National Congress (ANC). Après un passage en Zambie, c’est à Paris qu’elle pose ses valises en 1984, où l’ANC a cessé d’être considéré comme une organisation terroriste et dont elle devient la représente pour la France, le Suisse et le Luxembourg.

    À cette époque, elle fréquente activement l’association Union des femmes françaises, aujourd’hui devenue Femmes solidaires. Elle enquête également sur les ventes d’armes françaises à l’Afrique du Sud, interdite par l’embargo de l’ONU. Se sentant menacée, elle demande une protection policière qu’elle n’obtient pas. Elle est assassinée en mars 1988, sur le palier des bureaux de l’ANC. Elle restera dans l’histoire comme celle qui a éveillé les consciences françaises sur la réelle situation du peuple noir en Afrique du Sud.

    Afin de lui rendre hommage, la Ville a rebaptisé de son nom la Maison des droits des femmes et de l’égalité, en 2014.

    Hélène Boucher

    Aviatrice féministe

    Hélène Boucher naît le 23 mai 1908 à Paris. Bien que douée pour le dessin, comme son père architecte, elle s’intéresse plutôt à la mécanique. À 16 ans, elle passe son permis de conduire et se passionne pour l’aviation. Alors en plein essor, ce domaine reste la chasse gardée des hommes et les femmes, en France, ne sont pas autorisées à faire une profession du transport aérien. Pourtant, en dépit du machisme ambiant, Hélène Boucher, décide à 22 ans de vouer sa vie à l’aviation : « Voler est la seule chose qui me donne l’impression d’être vivante« .

    Très vite, la jeune femme se révèle excellente aviatrice et obtient son brevet de pilote de tourisme, puis son brevet de pilote professionnelle de transport public. En vain puisque dans les airs, les femmes sont condamnées à être hôtesse de l’air. Qu’à cela ne tienne, Hélène Boucher s’achète un petit avion d’occasion et n’a de cesse d’aller de plus en plus vite, de plus en plus loin et de plus en plus haut.

    En 1933, elle participe au raid Paris-Saigon, puis elle bat le record du monde d’altitude féminin pour avion léger deuxième catégorie, grimpant à 5 900 m. La même année,  elle se lance dans la voltige et, en quelques mois, devient l’une des meilleures acrobates aériennes du monde.

    Si haut monte -t-elle, Hélène ne perd pas de vue ses concitoyennes. Elle rejoint le combat féministe et milite activement en faveur du droit de vote pour les Françaises, au sein de l’association Les femmes nouvelles.

    En 1934, elle emporte le titre de championne du monde de vitesse toutes catégories sur 100 km, bat le record des 1000 km et s’adjuge le record du monde féminin. Elle finit par se tuer lors d’un vol d’entraînement. Elle avait 26 ans.

    Simone Veil

    Icône de l’émancipation des femmes

    Née en 1927 à Nice, Simone Veil a épousé les tourments d’un siècle fait de grandes désespérances mais aussi de beaux espoirs : elle fait partie des rares juifs français ayant survécu à la déportation à Auschwitz et symbolise la conquête du droit à l’avortement.

    Victime de la folie nazie, elle œuvrera sans relâche en faveur de la mémoire du génocide et deviendra présidente d’honneur de la fondation pour la mémoire de la Shoah.

    Dès son retour en France, Simone Veil embrasse la vie avec l’énergie d’une survivante. Elle s’inscrit à Sciences Po, se marie, élève trois garçons et décide que pour être indépendante, une femme doit travailler. Au terme d’un rude débat conjugal, elle se dirige vers la magistrature.

    En 1970, elle est la première femme à occuper le poste de secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature après avoir été haut fonctionnaire dans l’administration pénitentiaire.

    C’est en 1974, alors qu’elle est nommée ministre de la santé qu’elle s’apprête à marquer l’histoire des droits des femmes. Violemment attaquée, Simone Veil présente néanmoins au Parlement son projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse, qui dépénalise l’avortement. « Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300 000 avortements qui, chaque année, mutilent les femmes de ce pays et qui humilient ou traumatisent celles qui y ont recours », déclare-t-elle à la tribune. La loi entre en vigueur le 17 janvier 1975.

    Son parcours politique se poursuit au Parlement européen et au Conseil constitutionnel jusqu’en 2007. En 2010, elle entre à l’Académie française. Simone Veil décède en 2017, à l’âge de 89 ans et repose aujourd’hui au Panthéon parmi les grands personnages de l’histoire.

    Frida Kahlo

    Artiste rebelle

    Prisonnière d’un corset médical pendant presque toute son existence, Frida Kahlo, femme libre et moderne, a créé une œuvre autobiographique d’une puissance et d’une originalité exceptionnelle. Née au Mexique en 1907, elle a 18 ans quand elle rencontre Diego Rivera, un colosse de vingt ans son aîné, célèbre pour ses fresques murales racontant l’humanité en marche. Deux vies indissociablement liées par l’amour, l’art, l’engagement et l’attachement à la terre mexicaine. Frida et Diego partagent tout, l’idéal communiste comme la confiance dans le surgissement d’un monde nouveau auquel l’art va apporter son élan, nourri d’une culture populaire longtemps réprimée.

    Sa vie est tout autant mutilée que son corps. La brillante étudiante doit renoncer à ses études de médecine. De lit d’hôpital en salle d’opération, Frida lit beaucoup et se forge une solide culture qui impressionnera ses interlocuteurs et nourrira ses œuvres. C’est à ce moment qu’elle commence à peindre. Très vite, l’autoportrait s’impose : « Si je me peins, c’est que c’est le sujet que je connais le mieux ! »

    C’est à la fin des années 30 qu’elle commence à connaître du succès avec ses expositions à New York puis à Paris. Introduite par les surréalistes, elle s’est néanmoins toujours défendue d’appartenir à ce mouvement. « On me prenait pour une surréaliste. Ce n’est pas juste. Je n’ai jamais peint de rêves. Ce que j’ai représenté était ma réalité. »

    Il faudra attendre 1953 pour qu’une exposition à Mexico rende hommage à la peinture de Frida Kahlo. Très malade, elle meurt un plus tard, à 47 ans, en laissant une œuvre de près de 150 tableaux dont un tiers sont des autoportraits.

    Talisma Nasreen

    Femme de lettres engagée

    Née en 1962 dans une famille musulmane au Bangladesh, Taslima Nasreen s’est fait connaître dans les années 80 avec une série d’articles condamnant l’oppression religieuse et sexuelle des femmes dans certains pays d’Asie. Athée revendiquée, elle s’attire la colère des fondamentalistes bangladais dès sa décision d’abandonner l’habit traditionnel et soutient la loi française d’octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.

    Après la publication de son livre Lajja (Honte, en bengali), qui décrit les violences perpétrées contre des hindous au Bangladesh suite à la mise à sac de la mosquée indienne d’Ayodhya, elle est visée par une fatwa la condamnant à mort et fuit son pays en 1994. Elle vit depuis en exil entre l’Europe, les États-Unis et l’Inde. Auteure multi-primée de plus de quarante ouvrages traduits dans une trentaine de langues, elle a été saluée dans les médias après la réédition en mars de ses mémoires sous le titre My Girlhood. Le 21 mai 2008, elle reçoit le Prix Simone de Beauvoir, en France.

    Cette féministe, gynécologue de formation, milite par ailleurs contre la culture du viol depuis bien avant #Metoo, elle-même ayant été victime d’une agression par un poète célèbre qu’elle croyait son ami. Elle poursuit aussi son combat pour la liberté d’expression, les droits des femmes et rappelle que le conflit idéologique n’est pas entre le christianisme et l’islam, mais entre le fondamentalisme et la laïcité, entre les croyances irrationnelles, aveugles, obscurantistes et la raison.

    Marie Curie

    La femme aux deux prix Nobel

    Marie Curie voit le jour à Varsovie en 1867. Souhaitant poursuivre des études universitaires, ce qui est impossible à cette époque pour les femmes en Pologne à cette époque, elle quitte son pays natal pour la France, où elle étudie les mathématiques mais ses recherches l’amènent vers la physique. Elle rencontre le physicien Pierre Curie avec lequel elle se marie en 1895.

    Ensemble ils travaillent sur le phénomène radioactif et découvrent, en 1898, le radium et le polonium. Cette découverte leur vaudra le Prix Nobel en 1903. Elle est alors la première femme à recevoir cette distinction. Après la mort de son mari, en 1906, elle devient professeur titulaire de la chaire de physique générale et radioactivité. En 1911, Marie Curie obtient un second Prix Nobel. Elle est toujours à ce jour la seule femme doublement distinguée de cette prestigieuse institution.

    En dépit de son apparence austère, Marie Curie est une femme profondément humaine et engagée. En témoigne sa participation, parfois dans la clandestinité, à l’effort de guerre entre 1914 et 1918 avec la mise en place des premiers services de radiologie mobiles. Elle contribuera ainsi à sauver plus d’un million de vies. À la même époque et devant le besoin criant de personnels, Marie Curie décide de créer une école de femmes. Elle réalise ainsi l’un de ses rêves de jeunesse : rendre les femmes autonomes financièrement et instruire les filles d’ouvriers et de paysans.

    Ce besoin d’émancipation féminine est une valeur que Marie Curie a inculqué à ses deux filles, l’une, Irène, suivant ses traces de scientifique brillante, l’autre, Eve, femme de lettre engagée durant le Front populaire. Marie Curie décède en 1934 d’une leucémie déclenchée par son contact prolongé au radium tout au long de ses recherches.

    Zharifa Ghafari

    Maire courage

    Zharifa Ghafari nait en 1992 en Afghanistan. Titulaire d’une maîtrise en économie, elle est nommée en juillet 2018 maire de Maydan Shahr, au terme d’une série d’épreuves écrites et d’entretiens durant lesquels elle est la seule femme parmi 130 candidats.

    Femme et maire, Zharifa Ghafari incarne la nouvelle place des femmes au sein de la société afghane. Une transformation en profondeur perçue comme une menace par les Talibans. Aussi, lorsqu’elle arrive pour prendre ses fonctions, son bureau est occupé par des hommes agressifs et elle doit être évacuée. Elle ne réussit à reprendre ses fonctions que huit mois plus tard, en mars 2019. Zharifa Ghafari est la première maire d’une province conservatrice où sévissent les Talibans. Cela lui vaut de nombreuses menaces de mort de la part des Talibans, de l’État islamique et de la mafia locale.

    En mars 2020, elle reçoit le Prix international de la femme de courage. Et du courage, elle n’en manque pas. Pourtant elle doit se rendre à l’évidence, elle ne peut pas attendre sans bouger que les Talibans viennent la tuer. Alors, elle est évacuée avec l’aide de la diplomatie allemande et quitte son pays. Pour sa génération, grandie dans un quotidien fragile mais nourrie de l’espoir d’un avenir ouvert au développement, les désillusions sont grandes. Aujourd’hui, la jeune femme entend devenir le porte-voix de ceux qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer et mobiliser la communauté internationale pour que soient garantis les droits humains fondamentaux, en particulier ceux des femmes.

    Louise Michel

    Libertaire révolutionnaire

    Née en 1830, fille illégitime d’un châtelain de Haute-Marne et d’une servante, Louise Michel bénéficie d’une éducation libérale. À la mort de ses grands-parents, elle devient institutrice tout en caressant le rêve d’une carrière littéraire. En 1853, refusant de prêter serment à Napoléon III, elle quitte l’enseignement public et ouvre une école libre. Pour Louise, le savoir est le tremplin de l’égalité. Son école est pour tous, les filles et les garçons reçoivent le même enseignement destiné à éveiller l’esprit critique.

    En 1856, elle ouvre une 2e école à Paris. C’est là qu’elle rencontre la fine fleur du Paris révolutionnaire. Républicaine révoltée par la misère ouvrière elle devient blanquiste, ralliée à la révolution socialiste. Très active pendant la Commune de Paris, Louise Michel fait partie de la frange révolutionnaire la plus radicale. Elle finit cependant par se rendre pour faire libérer sa mère.

    Vestale de l’égalité, elle n’admet pas qu’on mette les femmes à part dans la répression. Si elles prennent leur part dans la révolte, elles doivent la prendre dans le sacrifice. Elle n’était pas seulement ambulancière, elle s’est aussi battue avec un fusil sous l’uniforme de la garde nationale. Surnommée la Vierge Rouge, elle est condamnée à la déportation à vie et envoyée en Nouvelle Calédonie où elle reste jusqu’en 1880. De retour à Paris, devenue anarchiste et très populaire, elle poursuit avec fougue son engagement politique et se fait aussi connaître par ses écrits jusqu’à son décès en 1905.

    Toute sa vie, elle s’est battue pour la cause des humbles, pour celle des femmes comme pour celle des ouvriers ou des Canaques colonisés, républicaine, universaliste, socialiste et libertaire, à Montmartre comme dans sa Haute-Marne natale, et jusqu’à Nouméa. Elle est la femme symbole pour toutes les femmes, l’héroïne de la révolte pour tous les révoltés.

    Clara Zetkin

    La femme du 8 mars

    Née en 1857, Clara Eissner est la fille d’un instituteur. Rapidement, elle s’intéresse à la politique, fréquentant les milieux féministes et socialistes. En 1878, elle adhère au parti socialiste. Interdit par le chancelier impérial Bismarck, elle doit s’exiler à Zurich.

    Elle y rencontre Ossip Zetkin, un révolutionnaire russe. D’une grande modernité, elle prend son nom sans se marier et aura deux fils avec lui.

    En 1882 à Paris, Clara participe activement à la création de l’Internationale Socialiste, militant pour l’égalité complète des droits entre les femmes et les hommes. Elle lutte notamment pour le droit de vote des femmes, pour le droit au divorce et à l’union libre.

    De retour en Allemagne après le décès d’Ossip, Clara Zetkin fonde en 1891 Die Gleichheit (L’égalité), une revue des femmes socialistes qu’elle publie jusqu’en 1917. Elle convoque la première conférence internationale des femmes socialistes à Stuttgart, en 1907. En 1910, elle convoque la deuxième conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague où elle propose la création d’une Journée internationale des femmes, notamment pour militer pour le droit de vote des femmes. Une proposition à l’origine du 8 mars, immédiatement adoptée.

    Clara Zetkin s’investit au sein du SPD. Opposée à la Première Guerre mondiale, elles participent à la création de la ligue spartakiste et organise de nombreuses actions pacifiques, pour lesquelles elle est arrêtée en 1915. En 1916, elle joue un rôle actif dans la création du parti communiste allemand. Elle devient députée. En 1932, en tant que doyenne de l’Assemblée, elle appelle le peuple à combattre le nazisme. Après l’arrivée des nazis au pouvoir et l’interdiction du parti communiste, elle est contrainte à un nouvel exil. Clara Zetkin meurt le 20 juin 1933 près de Moscou.

    Simone Biles

    La Voix du sport

    Élue athlète de l’année en 2019, du haut de son 1,42 mètre, la gymnaste Simone Biles, née en 997, est devenue un modèle pour la jeune génération. Elle n’a cessé de réinventer son sport et de multiplier les records et les exploits acrobatiques. Pas moins de quatre figures portent son nom. Superstar de sa discipline ayant réussi à inscrire son nom dans l’histoire de la gymnastique, Simone Biles détient 19 titres de championne du monde et 7 médailles olympiques dont 4 en or. Devant ce parcours hors norme, elle est élue à deux reprises sportive de l’année par l’Associated Press.

    Simone Biles c’est un corps qui accomplit des miracles mais aussi une voix qui comptent et qu’elle n’hésite pas à faire entendre, notamment pour soutenir le mouvement Black Lives Matter et dénoncer le racisme. « Ces manifestations pacifiques marquent le début d’un changement. Le racisme et les injustices vis-à-vis de la communauté noire existent depuis des années. Combien de fois est-ce arrivé avant que l’on ait des téléphones portables ? », déplore-t-elle en référence à la mort de George Floyd. Athlète noire, elle rappelle qu’elle est « beaucoup plus que ça ». « Je suis unique, intelligente, talentueuse, motivée et passionnée. Je me suis promise que mon histoire serait bien plus grande que ça », revendique-t-elle.

    Plus récemment, c’est dans la lutte contre les agressions sexuelles et la pédophilie dans le sport qu’elle s’est investie en témoignant, comme victime, devant le congrès américain pour dénoncer l’inaction de la fédération américaine de gymnastique face aux abus de l’ex-médecin Larry Nassar sur plus de 250 jeunes athlètes pendant deux décennies. « Je m’appelle Simone Biles, et je suis une survivante d’abus sexuels », a-t-elle entamé. Elle a également demandé que toute la lumière soit faite sur la lenteur du FBI, qui a mis près de 18 mois avant de l’arrêter, lui permettant de continuer ses abus durant ce temps.

    Emma Watson

    Actrice féministe

    Emma Watson, née en 1990 à Paris, est une actrice britannique connue pour son rôle d’Hermione Granger dans Harry Potter. Elle est âgée de 10 ans dans le premier film de la saga qui connaît un succès international. Engagée pour les droits des femmes, elle est remarquée lors d’un discours féministe aux Nations-Unies. Elle est d’ailleurs nommée ambassadrice de bonne volonté de l’ONU Femmes en juillet 2014 et agit en faveur du commerce équitable et du développement durable.

    Elle effectue son premier voyage en tant qu’ambassadrice de bonne volonté en Uruguay. Elle y tient un discours pour inciter les femmes à participer à la vie politique de leur pays. Dans le cadre de sa mission pour l’ONU, elle lance la campagne #HeForShe dans un discours sur l’engagement de chacun dans la lutte pour l’égalité Femmes-Hommes. Pour elle, le féminisme n’est pas une détestation des hommes mais attitude positive vers l’égalité des sexes. Plus tard, on apprendra qu’elle a reçu des menaces pour ses positions, juste avant une intervention au siège des Nations-Unies à New-York. Le discours qu’elle prononce ce jour-là est approuvé par Malala Yousafzai, prix Nobel de la paix,  qui déclare s’identifier en tant que féministe grâce à cette jeune britannique.

    Avant son engagement féministe, Emma Watson s’est intéressée à l’éducation des jeunes filles à travers le monde. Elle s’était rendue au Bangladesh et en Zambie dans ce but. En mars 2015, le magazine AskMen la désigne « femme la plus remarquable de l’année ».

    En 2016, Emma Watson annonce qu’elle arrête sa carrière pendant un an pour se consacrer ses engagements sur les questions sociétales. Elle se bat encore aujourd’hui pour l’égalité salariale entre les sexes. Elle est toujours ambassadrice de bonne volonté de l’ONU Femmes. Depuis, Emma a repris sa carrière. Elle est un exemple pour de nombreuses jeunes filles qui ont grandi en même temps qu’elle.

    Valentina Terechkova

    Première femme dans l’espace

    En 1961, après le vol réussi de Youri Gagarine, le programme spatial soviétique décide d’envoyer une femme dans l’espace. Parmi 400 candidates, il sélectionne 5 femmes sur les critères suivants : être parachutiste, avoir moins de 30 ans, faire moins d’1m70 et de 70 kilos.

    Née en 1937 dans un milieu prolétaire et fille d’un héros de la deuxième guerre mondiale, Valentina Terechkova est une candidate de choix. L’ouvrière et amatrice de parachutisme est sélectionnée par Nikita Khrouchtchev lui-même. Elle suit alors un entrainement intensif comprenant des vols sans gravité, des tests d’isolation, des sauts en parachute, des cours d’ingénierie et du pilotage.

    Le 16 juin 1963, Vostok 6 décolle sans accrocs et Valentina Terechkova devient, à 26 ans, la première femme dans l’espace. En 70 heures et 41 minutes, elle effectue 48 orbites autour de la Terre. Elle tient un carnet de voyage et prend des photos de l’horizon qui seront ensuite utilisées pour identifier des couches d’aérosols dans l’atmosphère.

    Après son vol, Valentina Terechkova reprend ses études. Très sollicitée en politique, elle devient en 1971 membre du comité central du parti communiste de l’Union soviétique. En 1977, elle obtient un diplôme d’ingénierie. Malgré la chute de l’Union soviétique, elle n’a rien perdu de son prestige et est toujours considérée comme une héroïne en Russie mais reste méconnue en Occident.

    À ce jour, elle est toujours la plus jeune femme à avoir volé dans l’espace et la seule à avoir effectué un vol en solitaire.