Le devoir d’humanité nous incombe

    Le devoir d’humanité nous incombe

    Communiqué du maire, Charlotte Blandiot-Faride, 2 mai 2025

    Jeudi 24 avril, une jeune lycéenne est poignardée à mort par un camarade de classe au sein même de son établissement scolaire. Une vie fauchée dans ce qui aurait dû être un lieu d’apprentissage, de confiance et de sécurité.

    Vendredi 25 avril, Aboubakar Cissé est tué à l’arme blanche dans l’enceinte de la mosquée de La Grand-Combe. Un lieu de recueillement et de paix se transforme en scène de violence, traduisant un acte islamophobe.

    Samedi 26 avril, à Vancouver, une voiture-bélier fonce sur une foule réunie pour une fête de la communauté philippine, faisant plusieurs victimes. Un moment de célébration culturelle devient tragédie.

    Mardi 29 avril, en Suède, trois hommes sont abattus lors d’un règlement de comptes.

    Mercredi 30 avril, dans le Gard, un homme de 70 ans a été agressé physiquement parce que juif, traduisant un acte antisémite.

    Encore une fois, des vies sont arrachées dans un cycle de violences devenu trop ordinaire. Ces événements ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans une litanie de drames qui meurtrissent notre humanité. Une humanité que nous espérons plus grande, plus forte, plus solidaire.

    Ces violences locales résonnent douloureusement avec celles qui ravagent d’autres régions du monde. En Ukraine, la guerre continue de réduire à néant les espoirs, ensevelis sous les bombes. À Gaza et en Cisjordanie, des enfants, des femmes, des hommes innocents paient le prix d’un conflit déshumanisé et interminable. Au Sahel, au Congo, sur le continent africain, les populations vivent dans la peur, abandonnées, otages des groupes armés et d’un silence international assourdissant.

    Pendant que la haine gagne du terrain, certains l’attisent sans honte. L’extrême droite et la droite extrême, jusqu’au plus haut niveau, banalisent les violences, désignent des boucs émissaires, propagent des discours de division, de rejet et de stigmatisation. Ces faiseurs de haine prospèrent sur les peurs, détournent les angoisses en fonds de commerce électoral. Ils créent des ennemis imaginaires pour mieux masquer les véritables défis auxquels nous sommes confrontés.

    Face à cela, ne nous divisons pas. Faisons front commun. Plaçons l’intérêt collectif, la justice et la paix au-dessus des ambitions individuelles.

    Quelles que soient nos origines, notre couleur de peau, notre croyance ou notre histoire, nous sommes citoyens.nes de France, par les valeurs universelles de liberté, d’égalité et de fraternité, qui fondent notre République.

    Et au-delà de nos frontières, nous sommes citoyens du monde, unis par une même humanité. Ce qui blesse un être humain, où qu’il soit, nous concerne tous.

    La banalisation de la haine est un poison. Notre force, c’est l’unité. Notre richesse, c’est la diversité.

    Dans quelques jours, nous exercerons notre devoir de mémoire. Un devoir essentiel qui nous permet de regarder notre passé avec lucidité, d’apprendre de nos erreurs et de transmettre un message de vérité, de courage et de dignité. Mais ce devoir est vide de sens s’il n’est pas accompagné d’un devoir d’humanité. Nous ne pouvons pas dire « plus jamais ça » tout en détournant les yeux des drames actuels. Nous ne pouvons pas honorer les morts d’hier en abandonnant les vivants d’aujourd’hui.

    Ainsi, je vous invite à participer aux prochaines commémorations qui se tiendront le jeudi 8 mai et le samedi 10 mai, pour notre devoir de mémoire, pour faire vivre notre devoir d’humanité, pour porter ensemble un message de paix, de solidarité et de résistance à la haine.

    Notre devoir d’humanité est de faire triompher la paix, pour tous, partout.