Hommage à Guy Geymann

    Hommage à Guy Geymann

    Le 7 août dernier, Guy Geymann nous quittait.

    Sculpteur, il était un artiste de prestige. Mais il était aussi professeur d’arts plastiques. Et pas n’importe où : au collège Paul Langevin, dans lequel il a exercé toute sa carrière d’enseignant.

    Sa disparition a profondément choqué ses anciens élèves qui, depuis, inondent sa page Facebook de messages et de souvenirs.

    Il faut dire qu’en marge de ses cours d’arts plastiques, Guy Geymann animait aussi des ateliers interclasses pris sur le temps de la pause méridienne. Il n’était pas avare de partage ni de transmission.

    L’art n’était pas seulement pour lui une activité solitaire : il ne pouvait le concevoir sans l’émancipation de tous. Les élèves étaient sensibilisés à la sculpture, encouragés à créer. Et toujours avec le goût du commun : les jeunes apprentis-artistes pouvaient travailler aussi bien à des œuvres personnelles qu’à des projets collectifs, s’attaquer ensemble à la grande oeuvre.

    Cette passion de la transmission s’explique sans doute par le fait que pour Guy Geymann, la sculpture est d’abord une histoire d’enfance. « Ma mère m’a dit que très tôt, vers l’âge de trois ans, je portais un regard tout particulier aux objets comme si j’essayais de les comprendre par rapport à leur volume », aimait-il expliquer.

    Cette différence dans le regard, Guy la gardera pendant son adolescence jusqu’à une rencontre fortuite avec le sculpteur Louis Chavignier. Ce dernier lui prête un espace dans son atelier, à l’école des Beaux-Arts, et l’histoire commence. Elle ira jusqu’à la consécration.

    Guy commence par travailler l’étain et la fonte avant que sa préférence n’aille au bronze et au poly-marbre. Les premières œuvres de Guy sont des pièces figuratives chargées de détails. Il s’orientera plus tard vers l’art animalier tout en épurant son style. Un style « organique » reconnaissable grâce à ses courbes fluides et sensuelles, et qui lui fera connaître un succès international. Ceci sans jamais qu’il n’oublie son métier d’enseignant.

    Le sculpteur a toujours habité le XXe arrondissement de Paris mais c’était tous les matins depuis 30 ans qu’il se rendait fidèlement à son poste de travail au collège de Mitry-Mory. Il n’ira plus à présent. Mais, à n’en pas douter, il restera longtemps mémoire vivante et cœur battant chez tous ceux qui l’ont connu.