Faire entendre la voix des usagers du RER B : adresse de madame le maire

    Faire entendre la voix des usagers du RER B : adresse de madame le maire

    Suite aux fortes perturbations qui ont rythmé la semaine des usagers du RER B, madame le maire a décidé de s’adresser à madame Pécresse, présidente du conseil régional d’Ile-de-France, à Guillaume Pepy, président du directoire de la SNCF, ainsi qu’à Denis Masure, directeur de la ligne unifié du RER B.

    Madame la Présidente, Monsieur le Président, Monsieur le Directeur,

    Aujourd’hui encore, le trafic du RER B est fortement perturbé suite à un problème d’aiguillage à la station Stade de France.

    Hier c’était une rupture de caténaire qui interrompait complètement la circulation entre Gare du Nord et Cité Universitaire. Sur la partie nord de la ligne, seul un train sur deux était assuré.

    Cet incident vient donc conclure une semaine particulièrement éprouvante pour les 900 000 usagers du RER B, bien que cela n’ait rien d’exceptionnel. Les Franciliens en font les frais quasi-quotidiennement.

    Ruptures de caténaires, pannes de signalisation, pannes matérielles, coupures électriques … Cette situation est le résultat de la vétusté du matériel comme du manque de personnel formé auquel le plan RER B Nord+ n’a pas apporté de réponse.

    Nous connaissons les contraintes budgétaires. Ce sont celles qui sont opposées à chaque demande d’investissement. Mais alors comment expliquer que la SNCF se voit autorisée à dépenser 250 millions d’euros en fonds propres et à co-contracter une dette d’1 milliard d’euros pour le CDG Express ?

    Ce projet inutile, dont le financement reste à assurer, destiné à un public de 22 000 passagers par jour – estimations qui, selon l’étude de l’Agence Environnementale, devront être revues à la baisse de 15% avec la mise en service de la ligne 17 du Grand Paris Express – n’offre pas même de garanties de rentabilité.

    Pire, avec un prix de trajet prohibitif et l’impossibilité d’y accéder avec le pass Navigo, ce projet ignore parfaitement les besoins pourtant criants des Franciliens, qui pâtiront de plus de l’utilisation des lignes existantes du RER B et de la ligne K par ces nouvelles rames. Le STIF lui-même évoque une perte d’1,5 milliard d’euros liée à la dégradation prévisible de la ponctualité du RER B.

    Une telle ignorance de l’intérêt général est incompréhensible, alors qu’il existe tant de choses à faire pour améliorer le quotidien des voyageurs de la ligne B : le rehaussement des ponts sur la partie sud de la ligne pour permettre la circulation de rames à deux étages, l’amélioration du cadencement de la ligne K, la réalisation du bouclage entre Mitry-Claye et l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, le doublement du tunnel entre les gares de Châtelet et de Gare du Nord, sans compter l’investissement dans le matériel roulant, les infrastructures et la formation de davantage de personnel pour les interventions d’urgence.

    Il semblerait légitime que le STIF, en lien avec la SNCF, se consacre en premier lieu à ces chantiers.

    Je souhaite donc que les nouvelles perturbations de cette semaine fassent enfin entendre la voix des usagers du RER B, de même que l’urgence d’une réorientation des investissements vers les besoins essentiels du plus grand nombre.

    Je vous prie d’agréer, Madame la Présidente, Monsieur le Président, Monsieur le Directeur, l’expression de mes sentiments sincères et cordiaux.

    Charlotte Blandiot-Faride
    Maire de Mitry-Mory