Communiqué de madame le maire

    Communiqué de madame le maire

    14e journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions

    La loi du 21 mai 2001, dite « loi Taubira », proclame : « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité. » Elle a également établi le 10 mai comme journée commémorative de la mémoire de l’esclavage, de la traite et de ses abolitions.

    En cette 14e journée de commémoration la ville de Mitry-Mory s’associe aux hommages rendus.

    Commémorer le 10 mai, c’est rappeler avec force les combats de celles et ceux qui se sont levés contre le système esclavagiste. C’est donner du sens au mot liberté.

    Commémorer le 10 mai, c’est affirmer l’exigence d’une République pour tous. C’est donner du sens au mot égalité.  Commémorer le 10 mai, c’est agir contre tous les racismes. C’est donner du sens au mot fraternité.

    La traite européenne a arraché à l’Afrique 12 à 13 millions d’êtres humains. 12 à 13 millions d’êtres humains qui, sur un préjugé raciste et du fait de la couleur de leur peau classait les uns parmi les consommateurs, les autres parmi les produits de consommation. Les chiffres, dans leur dureté, disent toute l’humiliation de ces femmes et de ces hommes déracinés, marqués au fer rouge, vendus comme du bétail, exploités à l’extrême, martyrisés, assassinés au nom du sacro-saint profit.

    La lutte des esclaves pour leur liberté fait partie intégrante de l’histoire de l’humanité et de la libération humaine. Elle en constitue parmi les des pages les plus héroïques.

    La première abolition de l’esclavage de 1794 fut une abolition insurrectionnelle, résultant de l’alliance entre les esclaves révoltés de Saint-Domingue et les révolutionnaires au pouvoir à Paris. Ils prirent alors le contre-pied de l’idéologie raciste dont l’organisation juridique du « Code noir » refusait aux esclaves noirs toute humanité en les qualifiant de « biens meubles ».

    Alors que plusieurs organisations estiment qu’en 2019 plus de 40 millions de personnes sont réduites en esclavage, commémorer la mémoire de ces femmes et de ces hommes et reconnaître leur histoire est indispensable, aussi bien pour comprendre notre présent que pour imaginer notre avenir et lutter contre la persistance de l’esclavage à travers le monde et contre toutes les formes d’exploitation et de domination.

    Charlotte Blandiot-Faride, maire de Mitry-Mory