Commémoration du 17 octobre 1961

    Commémoration du 17 octobre 1961

    Longtemps, cette date est restée méconnue. C’est que le souvenir du massacre perpétré ce jour fut longtemps occulté par les autorités françaises qui s’en rendirent responsables.

    Comment auraient-elles pu justifier, en effet, les méthodes employées par le préfet de police Maurice Papon, ancien collaborateur de Vichy, pour réprimer la manifestation pacifique de milliers de français originaires d’Algérie, descendus dans les rues de Paris pour dénoncer le couvre-feu raciste qui leur était imposé à eux-seuls, depuis le 5 octobre ?

    Ni la présence des enfants, ni celle des femmes n’empêchèrent une répression féroce qui s’abattit sur eux à coup de matraque, voire à coups de feu, tirés par les forces de l’ordre.

    Des jours durant, les manifestants, emmenés par centaines au Palais des Sports ou au Stade Pierre de Courbertin, continuèrent de subir ces exactions à l’abri des regards, tandis que les corps de leurs camarades disparus le jour de la manifestation étaient repêchés dans la Seine ou dans le canal Saint-Martin.

    Combien perdirent la vie dans ces journées sanglantes ? 50 ? 100 ? 300 ? Nul ne le saura jamais. Les journalistes furent maintenus loin des lieux. Les archives furent gardées au secret où détruite. La Préfecture fournit des chiffres honteusement mensongers, décrivant une prétendue agression de cette foule venue depuis les bidonvilles de la couronne parisienne, rappeler qu’elle existait et qu’elle disposait des mêmes droits que ses concitoyens.

    Ce que nous savons avec certitude, c’est que l’Etat français se rendit coupable ce jour-là d’une terrible injustice, et qu’il reste coupable d’avoir, 50 ans durant, fermé les yeux sur cet épisode.

    Dans ces conditions, c’est à chacun de nous de garder les yeux ouverts, et de nous souvenir des victimes, afin que jamais une telle infamie ne puisse se reproduire.