Commémoration des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata

    Commémoration des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata

    Communiqué de madame le maire

    Chaque 8 mai est l’occasion de commémorer, bien sûr, la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe suite à la capitulation de l’Allemagne nazie.

    Pourtant, le 8 mai 1945, les fêtes et défilés qui célébraient la fin de la guerre en Algérie française furent entachées par des massacres que l’histoire officielle chercha très longtemps à faire oublier.

    Ce jour là en effet, à Sétif, les Algériens défilaient pour célébrer l’indépendance retrouvée de la France, tout en réclamant pour eux-mêmes, citoyens de seconde zone dans leur propre pays, cette même indépendance.

    Les autorités françaises leur refusèrent pourtant ce droit. En jour, interdiction leur était faite de brandir autre chose que le drapeau français. Et lorsqu’un jeune scout algérien, Bouzid Saâl, brandit un drapeau algérien, ce sont les tirs qui lui répondirent en lui ôtant la vie.

    S’ensuivirent des semaines de répression aveugle qui, dans toute la région du Constantinois, à Sétif, Guelma, Kherrata et aux alentours, firent des milliers de morts.

    C’est bien le gouvernement français qui s’en rendit responsable. Avec le concours de ses forces de police, de ses armées, de son aviation et de sa marine qui bombardèrent, exécutèrent arbitrairement, jetèrent les cadavres dans les gorges montagneuses et les fosses communes, il se rendit coupable de crimes impardonnables.

    102 citoyens français perdirent la vie dans ces affrontements. Le bilan des morts « indigènes » – comme ils étaient alors désignés par les lois coloniales – est lui, aujourd’hui encore, incertain. Une seule certitude, plusieurs milliers d’innocents perdirent la vie, de 10 000 à 30 000 selon les estimations.

    Ce crime, qui reproduisait au jour de la libération les horreurs de la guerre, afin de refuser à un peuple entier les droits que les Français retrouvaient avec joie, fut une honte que l’on chercha à taire en la faisant disparaître des manuels d’histoire.

    Il fallait attendre le début du XXIème siècle pour que le gouvernement français, par le biais de son ambassadeur, en admit officiellement l’existence, avant que le Président de la République, François Hollande, ne le fasse lui-même en 2012.

    Pourtant, beaucoup reste à faire pour que l’histoire soit connue et reconnue. Le partage de cette mémoire commune est une étape essentielle à l’amitié entre les peuples de France et d’Algérie.

    C’est à ce travail que la Ville de Mitry-Mory a souhaité s’associer en inscrivant la commémoration des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata à son agenda officiel.

    Cette année encore, elle célèbrera la mémoire des victimes auxquelles un hommage sera rendu par le dépôt d’une gerbe, malgré l’absence du désormais traditionnel rassemblement que le contexte sanitaire nous empêche d’organiser.