CDG Express : fraude démocratique à grande vitesse !

    CDG Express : fraude démocratique à grande vitesse !

    Les Mitryens ne connaissent  malheureusement que trop le CDG Express. Pour rappel, c’est une liaison privée devant relier, à l’horizon 2024, l’aéroport de Paris-Charles De Gaulle à la gare de l’Est, moyennant un prix de 25 € le billet.

    Un projet gravement nuisible aux 950 000 voyageurs quotidiens du RER B et de la ligne K, puisqu’il empruntera ces deux voies ferrées en cas de perturbations, ainsi qu’aux usagers du TER Picardie.

    Après avoir obtenu, en engageant sa confiance, une habilitation à prendre des ordonnances sur ce sujet, le gouvernement présente son projet de loi en procédure accélérée, alors même que les conclusions du commissaire enquêteur ne sont pas rendues et, qu’une fois de plus, l’insuffisance de la concertation lors de l’enquête publique a été largement dénoncée, y compris par la commission qui a étudié le texte le 20 septembre dernier.

    En question, seulement 2 articles : la création d’une société de projet entre ADP et SNCF Réseaux et les modalités de désignation du futur exploitant de la ligne.

    La société de projet permet au gouvernement de prétendre que le CDG Express ne sera pas financé par de l’argent public. Quand deux entreprises publiques se rassemblent pour emprunter sur les marchés financiers, cela donne pour l’Etat: une société privée ! Un joli tour de passe-passe pour mettre sous le tapis des points cruciaux du montage financier. L’emprunt auprès des marchés financiers va induire une dette qui ne sera pas remboursée puisque le projet est déficitaire, et qu’il faudra en plus garantir un taux de rentabilité au futur exploitant, dont il est question à l’article 2. Ce dernier vise à autoriser le gouvernement à mettre en concurrence les différentes entreprises intéressées par l’exploitation de la ligne. Cette procédure sera, quoi qu’il en soit, l’occasion pour les parlementaires de se saisir du projet pour interroger le gouvernement plus largement sur les nombreux points noirs de ce dossier. La commission a d’ailleurs reçu et auditionné madame le maire, Charlotte Blandiot-Faride, ainsi que le collectif NON au CDG Express, à l’Assemblée Nationale, le 7 septembre dernier. Ils ont ainsi pu présenter la longue liste d’arguments et d’inquiétudes qui plaident en faveur d’un projet de déplacement pour tous, plutôt qu’une vision ségrégative du transport.